Depuis plusieurs saisons, une question revient avec insistance dans les stades, les tribunes et les débats sportifs : l’équité sportive existe-t-elle encore dans le football camerounais.
De l’Elite One aux compétitions amateurs, les critiques contre l’arbitrage se multiplient. Chaque journée de championnat apporte son lot de contestations, de décisions controversées et d’interrogations sur l’impartialité de certains hommes en noir. Pour de nombreux observateurs, le problème dépasse désormais le simple cadre de l’erreur humaine inhérente au football.
Une affaire de règle bafouée
L’arbitre est censé être le garant des règles et de l’équité sportive. Pourtant, certaines décisions donnent parfois l’impression que l’issue de plusieurs rencontres est influencée bien au-delà du terrain. Lorsque l’arbitrage cesse d’être un instrument de justice sportive, pour devenir un facteur déterminant dans la désignation des vainqueurs, c’est toute la crédibilité du championnat qui est mise à mal.
Un favoritisme aux conséquences désastreuses
Les conséquences sont lourdes. En favorisant parfois des équipes qui ne disposent pas du niveau requis, pour représenter dignement le pays, le football camerounais s’expose à des déconvenues répétées sur la scène continentale. Chaque saison, des clubs qualifiés pour les compétitions africaines sont éliminés dès les préliminaires, sans véritable impact sportif ni économique positif. Le constat est alarmant. Entre les coûts de déplacement, les billets d’avion, les frais d’hébergement et les charges logistiques, les campagnes africaines se transforment souvent en gouffres financiers, pour des clubs déjà fragilisés.
Au lieu de renforcer leur développement, ces participations précipitent parfois leur vulnérabilité économique. Cette situation contribue également à la baisse de l’attractivité du championnat national. Les recruteurs étrangers se tournent de moins en moins vers les compétitions locales, préférant observer les centres de formation privés et les académies spécialisées. Aujourd’hui, rares sont les joueurs issus directement des championnats organisés par la Fédératoin Camerounaise de Football (FECAFOOT), qui rejoignent les grands championnats européens. Les exceptions proviennent principalement d’académies reconnues telles que l’Ecole de Football Boissons du Cameroun (EFBC) ou d’autres structures privées de formation.
De bons exemples qui viennent d’ailleurs
Pendant ce temps, des pays comme le Sénégal, le Mali, l’Afrique du Sud, la Tanzanie ou encore la Côte d’Ivoire poursuivent leur progression. Leurs clubs brillent davantage sur la scène africaine, leurs championnats gagnent en crédibilité et leurs joueurs attirent de plus en plus l’attention des recruteurs internationaux. Face à ce constat, nombreux sont ceux qui appellent aujourd’hui la FECAFOOT et son président, Samuel Eto’o à faire de la réforme de l’arbitrage une priorité stratégique. Car sans arbitrage crédible, il ne peut y avoir de compétition équitable. Sans équité sportive, il ne peut y avoir de véritables champions. Et sans véritables champions, le football camerounais continuera de perdre du terrain sur la scène continentale. L’avenir de notre football passe inévitablement par une restauration de la confiance. Et cette confiance commence par un arbitrage juste, compétent et irréprochable.
Michel Ateba





















