
Après la présentation de son ouvrage à Yaoundé et Douala, Octave Jokung Nguena a récemment organisé à Paris une séance de dédicace pour son livre « 100 propositions pour restaurer le Cameroun – Vision 2040 », publié aux éditions Humanbet. À cette occasion, l’auteur est revenu sur l’accueil réservé par la diaspora camerounaise et sur les fondements de sa démarche, articulée autour de trois axes majeurs : le développement du capital humain, le renforcement des institutions — notamment en matière de justice et de sécurité — et l’amélioration des infrastructures. Selon lui, ces trois leviers doivent être actionnés simultanément pour assurer une transformation profonde du pays.
« La diaspora offre une lecture différente, plus tournée vers la mise en œuvre »
Interrogé sur les réactions observées dans les différentes villes où il a présenté son livre, Jokung Nguena souligne des nuances notables.
Au Cameroun, les échanges ont largement porté sur les réalités quotidiennes et les difficultés locales. À Paris, en revanche, la diaspora — qu’il qualifie volontiers de « onzième région du pays » — s’est montrée plus focalisée sur les aspects techniques : faisabilité, modèles de gouvernance, partenariats potentiels, impact à long terme.
Cette approche plus analytique a permis d’ouvrir un débat approfondi sur la mise en œuvre concrète des propositions.
La diaspora, un levier central dans la vision 2040
Pour l’auteur, la diaspora n’est pas un acteur périphérique : elle occupe une place stratégique dans sa méthodologie. Elle figure parmi les huit piliers qui composent la Vision 2040, aux côtés du capital humain, de la gouvernance, de l’intégration régionale, de l’agriculture, du secteur privé, des infrastructures, des mines, de l’énergie et des nouvelles technologies.
Sa diversité de compétences et de parcours en fait un pont naturel entre innovation, recherche, investissement et besoins opérationnels sur le terrain. C’est pour cette raison que l’auteur a créé des plateformes d’échanges — notamment via son site et sa page Facebook — pour capter ces contributions et les intégrer aux analyses.
Une demande forte d’outils concrets et d’indicateurs
Des rencontres tenues à Yaoundé, Douala et Paris, Octave Jokung Nguena retient une constante : le public veut du concret.
Les participants souhaitent comprendre comment passer des constats à des stratégies opérationnelles.
Selon lui, ces discussions montrent une attente grandissante dans le pays pour une gouvernance fondée sur la planification, l’évaluation, la performance et la redevabilité.
Des propositions susceptibles d’éclairer les candidats en période électorale
Dans un contexte de campagne présidentielle, il assure que le livre n’est pas destiné à servir un camp politique. Il s’agit plutôt d’un référentiel technique pouvant inspirer n’importe quel acteur engagé dans la construction d’une vision cohérente pour l’horizon 2040.
L’auteur insiste sur la nécessité de passer d’un discours programmatique à une logique de résultats : objectifs clairs, indicateurs de suivi, moyens définis et échéances réalistes.
Des sollicitations venues du public et du privé
Depuis la sortie du livre, plusieurs responsables — issus autant du secteur public que de l’entreprise privée — se sont montrés intéressés par ses analyses. Les discussions portent principalement sur la planification stratégique, le développement énergétique, la gouvernance numérique et la valorisation des compétences. Ces retours pourraient déboucher sur des études, des formations ou des initiatives de renforcement institutionnel.
Trois priorités immédiates : infrastructures, capital humain et gouvernance
Parmi les nombreux thèmes abordés dans l’ouvrage, trois ressortent comme essentiels pour enclencher un changement durable :
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Les infrastructures : condition sine qua non de la compétitivité économique, incluant mobilité, sécurité routière, logistique et accès à l’énergie.
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Le capital humain : indispensable pour adapter les compétences aux défis actuels, via la santé, l’éducation et la formation continue.
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La gouvernance : garante de la réussite des réformes, reposant sur la transparence, la planification et l’évaluation.
Ces trois volets constituent, selon lui, l’équilibre nécessaire pour toute transformation nationale en profondeur.
Un intérêt particulier pour la réforme du secteur énergétique
Parmi les retours du public, l’un des éléments les plus marquants concerne le chapitre dédié au secteur énergétique. Le modèle qu’il propose — intégrant production, distribution et industrialisation — a suscité un engouement particulier. De nombreux lecteurs y voient une opportunité majeure pour transformer le potentiel énergétique en moteur de développement économique et social.
« Un livre pensé comme un instrument de travail »
Face à la multiplication des publications sur le développement du Cameroun, l’auteur estime que la singularité de son ouvrage réside dans son orientation pratique. Ce n’est pas un manifeste d’intention, mais une boîte à outils destinée aux décideurs, chercheurs et formateurs.
Il repose sur des données comparatives, des indicateurs et des méthodes éprouvées, avec pour objectif de renforcer une culture du résultat et d’encourager la conception de plans d’action solides.


















